Jean-Pascal M.

La meilleure façon de ne pas avancer est de suivre une idée fixe (J. Prévert)

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Data(land)scape – Évolution d’un bord de mer à partir d’un siècle de données

Posted by Jean-Pascal sur 11 juin 2018

L’affiche ci dessus est le résultat d’une évolution lente, douce à l’échelle individuelle, imperceptible et pourtant radicale. Il s’agit du changement de notre environnement sous de poids de la présence humaine et de ses actions. La chronologie est visible sur le timelapse qui suit, décennies par décennies.

Datascape – Timelapse de plus d’un siècle montrant un paysage virtuel de bord de mer évoluant à la manière de notre monde.

Quelle étrange idée, et pourquoi représenter cette évolution de manière défavorable alors qu’on peut lire ici ou là que l’humanité progresse, que l’accès aux soins ou à la connaissance est facilité en général, et qu’internet réunit tous les humains connectés au sein d’une même famille ? Hé bien il ne s’agit pas d’un choix de ma part, puisque le sens de l’évolution – tel qu’il est montré ici – est déterminé par des données ouvertes.

Je suis simplement parti d’une question : Si on représentait l’évolution du monde sur un unique paysage, que verrait-on ? Je pense à un paysage virtuel sur les plages duquel des immeubles pousseraient. Pousseraient d’autant que la population mondiale augmenterait. Et – pourquoi pas – diminuerait si celle-ci venait à se réduire. Et si le ciel se teintait de brume selon la pollution du moment ? Et le niveau de la mer ne monterait-il pas avec la fonte des glaces ou – à nouveau pourquoi pas – ne baisserait-il pas si un refroidissement moyen était mesuré ? Et surtout, pourrait-on rêver de vivre en ce lieu, ou rêver de le quitter, déçu par son évolution ?

Allons-y, jouons sur un bord de mer en utilisant des données mondiales disponibles depuis 1901 jusqu’à aujourd’hui. Les données que j’ai utilisé sont décrites dans l’article précédent : Quelques données appréciables* sur l’Homme dans son milieu. J’ai retenu de travailler sur quelques variables uniquement, dont voici une vue synthétique de leurs évolutions :

Température, population, CO² de l’atmosphère, couverture nuageuse et précipitations annuelles moyennes mondiales de 1901 à 2016. Sources CRU CY4, Our World In Data, the Great Acceleration.

Voici comment ces variables sont traduites pour produire un paysage :

  • La température influe la couleur et la force du soleil, ainsi que la transparence de l’air
  • la population influe la couleur du sol, la diminution du nombre d’arbre et l’augmentation du nombre de parasols (jusqu’à un point limite), augmente le nombre d’immeuble et leur taille
  • Le CO² influe la transparence de l’air, la position du soleil, le nombre d’oiseaux, le niveau de la mer.
  • la couverture nuageuse moyenne influe sur la taille des nuages
  • La violence des précipitations augmente l’inclinaison des arbres

Les choix présentés ci-dessus sont arbitraires mais ils restent simples. Par exemple, l’augmentation du CO² augmentant l’effet de serre et donc la fonte des glaces, il détermine le niveau de la mer. L’élévation du niveau de la mer réduit les surfaces habitables et, pour les immeubles se retrouvant les « pieds dans l’eau », ceux-ci sont abandonnées et prennent la forme de ruines.

J’ai choisi de positionner le soleil également selon le niveau de CO² : pour un niveau de CO² pré-industriel, le soleil se lève. Par contre, pour un niveau impliquant une élévation de 2°, le soleil se couche complètement, symbolisant le crépuscule d’une certaine humanité.

Ces principes étant posés, il reste à regarder le résultat, produit automatiquement. On constate immédiatement une tendance du ciel bleu vers un coucher de soleil, avec une transformation qui accélère fortement sur la deuxième partie du 20ème siècle.

Voici la vue initiale, en 1901 :

Voici une vue de l’année 1981. Le paysage a bien changé. Les congés de masse, la déforestation, la pollution, le réchauffement ou l’élévation du niveau de la mer n’y sont pas étrangers.

Ce résultat illustre ce les chercheurs de l’IGBP appellent la « Grande Accélération ». Je n’ai utilisé que quelques valeurs, mais ces chercheurs ont identifié de nombreuses autres croissances exponentielles telles que celles de la consommation d’énergie, d’eau ou de forêts tropicales, du nombre de  transports ou des voyages de tourisme. Il faut bien avoir à l’esprit une chose toute simple. Toute croissance liée à la consommation d’une ressource limitée atteint un moment sa limite. Cela est encore plus vrai pour une croissance exponentielle, mais la notion d’exponentielle est difficile à percevoir. Pour ma part, j’en ai déduit une règle enfantine :

Croissance Exponentielle = Problèmes à l’Horizon.

J’ai publié de nombreuses images intermédiaires sur le compte twitter @GlobalDatascape.

Voici une image comparant, depuis le même point de vue mais à 115 ans d’écart, cette plage.

Même plage, présentés en symétrie, mais sans bouger la caméra pendant 115 ans !

D’autres posters seront ajoutés sur le site https://datartjp.wordpress.com/

Si certaines années vous intéressent en particulier, contactez moi en message privé, par exemple sur twitter (@jean_digital). Je peux réaliser des affiches personnalisées grand format à la demande.

Quelques références complémentaires :

 

 

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