Jean-Pascal M.

La meilleure façon de ne pas avancer est de suivre une idée fixe (J. Prévert)

ALGORAVE : Live-Coding Dance Music in The Dark with a LapTop

Posted by Jean-Pascal sur 4 mai 2019

L’Algorave est un mouvement musical qui propose de produire de la musique par la programmation en temps réel. Ce mouvement met en avant le processus créatif en projetant l’écran de l’artiste, dans une philosophie de partage.

La Spirangle, symbole de l’Algorave

Une vidéo pour se mettre dans l’ambiance noire-obscure des Algoraves :

L’algorave est ainsi une culture, à l’instar du Hip Hop : C’est la culture de l’ « algorithm danse music », du « Live music + visual coding ». L’Algorave, c’est de l’ « Algorithmic Delight », pour reprendre Joanne Armitage, fière représentante du mouvement. Bref, c’est un néologisme (Algorithme et Rave) – à ne pas prendre trop au sérieux – utile pour réunir plusieurs disciplines dans une belle intention. Fille des Arts Génératifs, la musique algorithmique (ou musique générative) existe depuis bien avant l’ère de l’informatique. De nombreux compositeurs ont composé à partir de règles qui facilitaient l’écriture et apportaient une logique, une structure solide à leurs oeuvres. Certains sont allés au bout de l’idée, comme le fit l’école de Darmstadt à travers la musique sérielle. La musique générative est actuellement très utilisée dans le monde des jeux vidéos où on la retrouve sous le nom de musique procédurale (par exemple No Man’s Sky avec les compositions de 65daysofstatic ou Ape Out).

Bien souvent, le live-codeur musical est accompagné d’un autre artiste génératif, le live-codeur visuel, VJay, qui accompagne le son par de l’image (et vice-versa). Vous pouvez regarder par exemple le travail d’Antonio Roberts.

L’Algorave a sa philosophie : Il existe un manifeste (https://toplap.org/wiki/ManifestoDraft), basé sur la transparence du processus créatif. Montrer son écran permet de montrer ses erreurs, de montrer ce que nous sommes,  c’est-à-dire  une personne face à une situation. Les bugs, plantages, erreurs de syntaxes, font partie du processus. C’est la philosophie de l’open-source. L’adoption est mondiale, principalement en Amérique du Nord et Latine, au Japon et en Europe (mais peu développée en France), avec une grande diversité culturelle. Constatant que la programmation était dominée depuis le commencement par l’ »Homme Blanc », une Algorave peut être annulée s’il n’y a pas de femmes ni d’hommes de couleurs derrière les claviers !

Plus sur le site toplap.org

Un deuxième exemple, Dare to Step away de Kindohm, avec un screencast permettant de mieux saisir la relation entre le code et la musique. Kindohm est un promoteur de la plateforme TidalCycle utilisée dans la démo.

De mon côté, j’ai toujours pensé qu’il fallait que j’aille voir dans cette direction, musique + algorithmes, ou generative music design ! J’avais entendu parler du live-coding dès 2004, mais je n’ai pas trouvé les outils, et en suis resté à l’image animée d’un côté et à la composition musicale (MAO) classique. Mais depuis 2011, plusieurs de ces plateformes existent enfin. On peut mentionner TidalWave et SupperCollider créés par Alex McLean et Nick Collins qui ont inventé ce terme d’Algorave en Angleterre en 2011.

Logo TidalCycle

Pour ma part, ce n’est que cette année, lors d’un workshop au SXSW que j’ai pu m’initier. Le workshop était mené par Joanne Armitage (@joannnne), Alexandra Cardenas, Shelly Knotts (@shelly_knotts) et Antonio Roberts (@hellocatfood). Ils sont géniaux et m’ont apporté la motivation nécessaire pour me lancer sur TidalCycle. C’est une chance car il n’y pratiquement aucun événement en France, c’est un mouvement à dynamiser (Facebook). A l’étranger, il existe des festivals tels que le MUTEK ou l’Algomesh Festival à Sheffield où TidalCycle est né.

Une liste des langages et outils est disponible sur GitHub. Pour une initiation rapide, je vous propose de tester Gibber, mais le son saute sur mon PC c’est pourquoi j’ai rapidement choisi d’aller sur une plateforme hors navigateur telle que TidalCycle.

Programmer de la musique, vraiment ?

Traditionnellement, la composition musicale se fait soit par expérimentation sur un instrument tel que le piano, ou sur le papier en posant note à note les phrases musicales sur des portées. L’approche programmatique force à réfléchir à des règles, à les encoder dans une grammaire informatique, et à écouter le résultat produit par l’ordinateur. Au résultat, les compositions des Algoraves sont très différentes des compositions classiques. Par exemple, aucun compositeur ne semble vouloir reproduire une alternance entre des couplets et refrains, ou produire des structures A A B A typiques du jazz.

Cette idée d’utiliser des règles pour composer n’est pas nouvelle, et assez bien expliquée dans l’article « Qu’est-ce que la musique algorithmique ». L’article oppose notamment certaines musiques ultradéterministes de celles s’appuyant sur l’aléatoire, comme le fit Brian Eno ou John Cage.

Composer en temps réel

Mais l’algorave se définit par une autre contrainte : le live, la création en direct devant un public, en toute transparence. En ce cas on parle de live-coding. Le programmeur partage l’écriture de son code avec le public. Il doit veiller à l’esthétique de ce code, et à la concision, l’efficacité et parfois la rapidité pour assurer les transformations nécessaires du morceau au fur et à mesure de son écoute. Le programmeur étant limité par sa capacité à modifier son code, les compositions sont souvent longues (10 minutes, 20 minutes) et favorisent les transitions lentes. Idéal pour la musique d’ambiance, façon Brian Eno.

Cela me rappelle aussi la logique du Sound Painting, langage de signe permettant à un compositeur d’envoyer des instructions à un groupe de chanteur, en projetant ses ordres sur un écran imaginaire.

On n’est pas loin non plus de la noise music. La culture underground de l’algorave apprécie les breakbeats, les structures décomposées, et la sélection aléatoire des sons. L’utilisation de l’ordinateur permet d’atteindre des tempos inhumains, d’exécuter des phrasés impossibles, ou réaliser des transformations indicibles appliquées sur des dizaines de mesures.

Voici une autre vidéo de Kindohm en Live :

D’autres approches existent, on peut mentionner les langages à base de node (et non pas de code) comme Pure Data. L’écriture (noding) est assez différente, comme on peut le voir sur cette vidéo :

Musique algorithmique avec PureData

Cette introduction n’était qu’une mise en bouche. Par la suite je rentrerai dans les détails du langage avec des exemples applicables et des réalisations.

 

Pour aller plus loin

 

 

 

 

 

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En immersion au SXSW 2019 d’Austin.

Posted by Jean-Pascal sur 8 mars 2019

En immersion au SXSW 2019

SXSW 2019

Tout le monde connait le CES de Las Vegas. Gigantesque, incontournable pour les acteurs de la tech, du digital et de l’innovation en général, le CES est le lieu des annonces importantes dont la presse fait l’écho à chaud, dans l’angoisse et l’empressement d’être le premier à annoncer la prochaine révolution. Tout y est proposé, sans discernement, comme des graines que l’on plant à l’aveugle, on verra bien ce qui poussera.

L’innovation est humaine et sociétale à Austin

A l’inverse, le SXSW d’Austin assujetti la technologie à l’humain, au social, et prend le temps d’exposer les enjeux actuels et futurs du monde. Les intervenants viennent, sans produit au creux de la main, livrer leur analyse à froid (à tiède ?). C’est comme un magazine trimestriel à l’ère du tweet. Avec plus de 1000 conférences !

Mais le South By South West (SXSW, dire « South by ») c’est aussi un festival… de musique et de cinéma. L’émotion, l’empathie, le plaisir de découvrir des artistes et des nouvelles tendances de société transforment la promesse de ce festival en un soft power séduisant, à l’américaine !

Les conférences, innombrables, traitent une infinité de sujets passionnants. En vrac et de façon non exhaustive : Blockchain, Intelligence Artificielle, Marketing, Cannabusiness (oui, tout à fait), Villes & Smart Cities, Gouvernement et Politique, Développement, Design, VR/AR/MR, Futur, Santé, Entertainment, Film et Musique, Media, Journalisme et Information, Sport, Société, Technologie, Style … Le Monde et le Figaro ont tous deux couvert l’événement les années précédentes, mais pas de grands journaux français cette année, c’est pourquoi il fallait bien y aller !

Les américains, maîtres incontestés de l’expérientiel

Le SXSW est aussi très impressionnant de par le nombre concerts (+de 2000). Le « gros son rock » est partout. Marcher sur la 6ème rue est une expérience sonore avec ses bar live (no cover here) alignés, et ses étranges habitants. Oui, car Austin est la ville du weird, du bizarre et de l’étrange. On y croise tous les jours des passants avec leurs boas sur les épaules.

L’organisation, impeccable avec sa cohorte de bénévoles qui savent toujours vous proposer la bonne file d’attente, est doublée d’une application mobile très complète : SXSW GO permet de rechercher, de filtrer et de s’organiser pour choisir les bonnes conférences, les bons films et concerts. SXSW Go permet même de « networker » avec une messagerie intégrée. J’ai pu faire plusieurs rencontres professionnelles grâce à cette app.

Pendant les conférences, la consigne générale est la bienveillance. L’écoute et les prises de parole sont toujours respectueuses, que ce soit sur scène ou dans la salle. Ici tout le monde maîtrise la prise de parole en public, même sur des sujets de société (cannabis, régulation des armes, responsabilités des politiques, religion…) qui auraient été traités dans un climat beaucoup plus tendu en France.

Et puis les américains ne parlent jamais d’un sujet sans raconter leur propre vécu. Le public et le privé ne font qu’un, et l’intime est souvent recyclé pour un bon story-telling (« Je ne serai pas là aujourd’hui si mon père n’avait été violent et alcoolique »). C’est une bonne recette pour rendre tout sujet passionnant. Impossible de s’ennuyer. La mise en scène participe d’une starification des dirigeants, ce qui n’est pas sans intérêt puisque cela les force à définir un discours audible au delà de la performance commerciale. Les CEO ne sont plus des machines. Ils ont une vision, une histoire, des qualités et des défauts (Adam Bierman, Elon Musk, Bozoma Saint John…) !

Sur l’expérientiel, les parcs à thèmes – détaillés plus bas – de HBO et Amazon font référence et réussissent à créer une expérience de marque absolument inoubliables. Ce sont aussi les dizaines de pavillons par pays, par marque ou thèmes qui donnent l’impression d’être à une exposition universelle.

Et puis il y a la présence des cinémas, dédiés pour l’occasion à la présentation de « petits » films que l’on peut découvrir une bière et une pizza à la main. J’ai adoré l’avant première du film « IRIS: a Space Opera by Justice », une captation remarquable d’un concert sans public, en présence des membres du groupe. Vive la French Touch.

L’environnement, le sujet qui fâche

Mais si les sujets sont aussi larges que ceux du Trivial Pursuit, mais j’ai tout de suite eu le sentiment d’un manque sur les thématiques environnementales et le réchauffement planétaire. Sur les 420 conférences référencées sur le site, une seule parle de climat dans le titre, une seule autre d’agriculture (farming). Mais aucune ne parle de global warming, de planète, d’environnement, d’arbre, d’écologie, de survie, d’extinction de masse, d’énergie (ni solaire, ni éolien), de pétrole ou de gaz, de pollution de l’air, des terres ou des océans, de carbone (avec ou sans dioxyde) bref, de toutes ces épées de Damoclès qui nous chatouillent l’échine. Ici, la cécité sur le sujet est totale. Soit je n’ai rien compris aux centaines d’articles m’assurant que le réchauffement climatique était le plus grand défit de l’humanité, à court terme, soit les futuristes et prévisionnistes à l’affiche du SXSW sont à côté de la plaque. Pire, les américains sont ceux qui ont le plus à perdre avec leur surconsommation permanente de ressources non renouvelables. Sauront-ils s’adapter ? L’avenir le dira.

Malgré tout, ça et là, on trouve des choses intéressantes : Par exemple la conférence A New Reality: Hope for a World in Transition, semble reprendre l’analyse des tenants de l’anthropocène et celle de Pablo Servigne sur notre capacité innée à collaborer pacifiquement même dans un environnement sous stress.

La nouvelle transcendance

Alors de quoi parle-t-on ? En sous-jacent de nombreux débats, l’Intelligence Artificielle continue sa percée dans tous les domaines, pour nous aider à mieux performer, mais surtout à mieux vivre, à être heureux. La technologie devrait nous sauver de nos doutes en nous plaçant au centre d’un Truman Show. Et puis les dispositifs techniques vont continuer de disparaître dans l’IoT ambiante et le Cloud. Ainsi, le Cloud, l’IoT, l’IA et la Blockchain forment la nouvelle transcendance.  

Et la French Tech ?

La présence de la France était très faible, avec un stand au Trade Show et une heure dédiée au salon de l’Europe. L’Italie et l’Espagne étaient mieux représentés, sans parler du pavillon britannique aux concerts incontournables. Mon préféré ? Le pavillon allemand, le German Haus assumant complètement le design allemand simple, épuré, un peu froid mais doté de beaucoup de style. Un oasis dans cet univers rock de cow-boys, avec une sélection d’artistes quelques peu avant-gardistes (tels que Jazzrausch Bigband, Moritz Simon Geist (voir plus bas), de l’Algorave (voir plus bas) ou Robot Koch x Delhia de France).

J’espère qu’en parcourant les live-tweet ci-dessous vous pourrez vous faire une idée de la diversité des thèmes et de la richesse des échanges.

Au programme de ce reportage

Vendredi : Science Fiction or Future Science, The end of Killing par Rick Smith, The Next Form of Storytelling: Quibi, George Hotz – Jailbreaking the simulation, Giant Spoon

Samedi : Advertising detox: how to reduce cognitive load? Business and social justice in the Trump Area. So you want to be a change agent? Mitigating climate change with reflexive sand.

Dimanche : The future of design: computation and complexity, Spin cycle: The rise of scooters in cities, Algoraves: Live Coding Dance Music !!!, Deepfakes, par Sam Gregory de Witness

Lundi : NASA is going to the moon again. Le Trade Show

Mardi : How the future will be shaped with data, par Charlie Fink, SXSW Virtual Cinema, How to make happiness stick?, Google Fiber Refresh Food Program

Mercredi : A new space age, avec Brigitte Berman, Flying taxis and ambulance drones:SciFi 2 Reality, Bozoma Saint Jones, CMO endeavor, SAMSUNG Experience Tour, LEED Certification, SONY Wow Studio

Jeudi : Cannabis: the new normal with Adam Bierman, Blockchain for impact

Vendredi : Blame Video Games! Shootings, Disease, and Morality, SXSW Art Program, Futuristic Music Production with Music Robot par Moritz Simon Geist.

SXSW 2019 Vendredi 8 mars

Première journée : c’est parti pour une première sélection de conférences. Ce processus est légèrement frustrant car choisir une conférence revient à en rater une dizaine d’autres ! En conséquence, la sélection que je propose par la suite ne donne qu’une vision extrêmement limitée de ce qui est dit. De plus, je revendique complètement ma subjectivité dans l’interprétation inévitable que je fais des propos entendus.

Science Fiction or Future Science

Science fiction has inspired tech ranging from cellphones to space travel, demonstrating that innovation doesn’t happen without imagination. Similarly, science has inspired legendary comic book heroes. Join acclaimed author & afrofuturist, Ytasha Womack; National Air & Space Museum’s Margaret Weitekamp; NASA engineer & Hollywood science advisor, Kevin Grazier; and Boeing Phantom Works’ Mark Cherry for a conversation on how science and science-fiction influences and shapes each other’s narrative. 

Comme les ingénieurs de la NASA, lisez de la #SF pour envisager le futur. Leurs premières références sont Star wars, starship troopers, Star Trek… bref que du classique US, j’aurai cité Arthur C Clark, George Orwell ou Dan Simmons. Heureusement, Ytasha Womack élargie les références en mentionnant plusieurs fois Sun Ra ainsi que des écrits du 19 siècle. Pas de science fiction française ici (lol même si Pierre Boule a eu son influence). J’ai eu une impression de déjà-vu (en français dans le texte) suite à une conférence vue à Nantes avec Alain Damasio et d’autres sur le même thème.

Lors des échanges, la SF américaine semblent se concentrer sur la question de l’exploration d’horizons nouveaux, comme l’a reconnu Margaret Weitekamp. L’USS Enterprise ne voque-t-il pas à la recherche de nouveaux horizons ? Les SF chinoise, russe, africaines ou française sont différentes, sont moins centrées sur les vaisseaux spatiaux, les aliens et la bonne façon de les recevoir avec des Lazer Guns ou des sabres laser (ah, la cowboy fiction de la série Firefly !). Il y a bien un facteur culturel, souligne Ytasha Womack, auteure de « Afrofuturism: The World of Black Sci-Fi and Fantasy Culture ».

Ytasha en conclut que « L’Alien est souvent une métaphore de l’étrangers qui arrive illégalement ».

Pour finir sur une annonce, Mark Cherry, prospectiviste @Boeing, pense que le nouveau Concorde (ie avion supersonique) arrivera bien avant 2030, car « les gens veulent aller vite, et il y a un modèle économique ». « Supersonic is coming fast. ». C’est tout à fait possible étant donné le nombre de projets pour recréer une ligne commerciale supersonique, mais il se pourrait aussi que l’aviation soit réglementée avant – on en entend de plus en plus parler – pour limiter les émissions de GES.

Margaret Weitekamp souligne que nous sommes à l’âge d’or de la créativité, du story-telling et du partage des imaginaires. Et la technologie nous enrichie de nouveaux points de vue : Voir la terre depuis l’espace nous permet de mieux comprendre qui nous sommes. Sur ce point elle aurait pu rendre hommage à Carl Sagan qui en a le mieux parlé. Je vous mets le lien vers son émouvant discours sur « le blue dot » : This Speech Will Change Your Life  | Carl Sagan

The end of Killing, Rick Smith

What if killing wasn’t a moral or psychological problem—but a tech problem? What if the right tech could make killing a thing of the past? That’s the provocative thesis at the heart of Rick Smith’s new book, The End of Killing. In this session, he’ll dive into the technological developments that will make killing outdated. He’ll show that this isn’t just a bold claim, but that this change is happening all around us, without many of us knowing. Just as the iPhone changed communications and the TV changed media, the latest tech is changing how cops, soldiers, courts, and many others do their work. Drawing on the latest creations in advanced weaponry, biotechnology, and AI, he’ll demonstrate how premeditated violence might soon be something we look at the way we look at the horse-and-buggy. 

Rick Smith, écrivain, auteur du livre « The End of Killing » tente de faire disparaître les morts violentes en défendant toutes les formes de défense non létales (tazers, robots de defense). Son argument n’est pas moral : c’est plus efficace et moins cher ! Il faut dire qu’il défend son business, Axon, vendeur de Taser: « Guns and bullets is a technology of the past. ». Et tenir une position morale serait une erreur fatale (!) ici, au Texas.

J’ai remarqué à quel point Rick S. était habile à ne pas froisser l’audience, à placer ses propositions en dehors du débat sur le « gun control », à préciser que le taser est un complément du revolver du policier, ce dernier restant sa « ligne de vie »…

Rick Smith, après avoir mené de nombreuses interviews de policiers ayant (un peu) rapidement sortit leur arme, retient leur argument récurrent : « Je n’avait pas le choix ». Il en déduit que si les tueurs avaient d’autres possibilités d’action, les tueries s’arrêteraient. Pourtant de nombreux accidents (mineurs tués car ils avaient « dégainé » leur smartphone dans la pénombre…

Il rappelle que la létalité a atteins un maximum avec la bombe atomique en 1961 (tsar bomb) . Maintenant c’est la précision qui augmente (missiles, drones), via notamment la robotisation sur le champs de bataille.

Les solutions non violentes sont à inventer, sont souvent basées sur beaucoup de technologie, mais sont plus simple à créer qu’un sous-marin atomique dernière génération.

Question d’une mère de famille dans la salle : « Do you really think that america is interrested in NOT killing people ? »

The Next Form of Storytelling: Quibi

The Future of Technology-Enabled Entertainment Quibi Founder Jeffrey Katzenberg and CEO Meg Whitman explore the market trends that have opened the gates to a new form of storytelling delivered through a technology platform optimized for easy, on-the-go mobile viewing. They will discuss how they are bringing together the best of Hollywood and Silicon Valley to create the future of entertainment.  

Jeffrey Katzenberg, fondateur de DreamWork, et récemment Quibi, pense que les gens attendent qu’on leur fournisse des contenus clef en main, sans avoir à réfléchir ni choisir. Personnage haut en couleur, il présent quelques concepts à venir, tel que celui de créer un show de 10 épisodes. Chaque épisode voit une célébrité recevoir 100 000 $ à offrir à une personne qui l’a « sauvé » dans son passé. Cette personne doit ensuite remettre la moitié à une autre personne qui l’aurait elle-même aidée. Ensuite, cette dernière doit également remettre la moitié de ce qu’elle a reçu (mais cette fois ci 25000$) etc.

George Hotz – Jailbreaking the simulation

We are in a simulation. Has it occurred to you that means God is real? By drawing parallels to worlds we have created, we ask, from inside our simulator, what actions do we have available? Can we get out? Meet God? Kill him?

Sommes nous dans une simulation, se demande George Hotz, le jailbreaker de l’iPhone et de la PlayStation ? « I am actually in a simulation, and so are you! » affirme-t-il.

Lors de cet exposé, George Hotz semble s’amuser en prenant des airs sérieux et grave, en ajoutant de l’emphase, des silences, et des regards prophétiques. Tout cela semble un jeu, visant à nous faire accepter l’hypothèse qui suit : nous n’avons pas plus de preuves en faveurs des religions qu’en faveur de l’hypothèse que nous vivons dans un jeu vidéo. À partir de là, pourquoi ne pas considérer la chose sérieusement, et accepter de nous mettre dans la peau de Mario Bros un instant ? D’ailleurs, Mario, s’il avait fait cette hypothèse pour lui-même, aurait eu raison !

George Hotz va un peu vite sur plusieurs conclusions, il ne démontre rien mais propose simplement d’envisager l’univers du point de vu de l’informaticien (qu’il est, et que je suis). Il en conclut : « Je pense que Dieu est un programme informatique ». L’idée est un peu évidente quand on voit à quel point l’univers répond à des règles précises.

Cela me rappelle le titre du livre de Neil Stephenson : « In the beginning was the command line ». D’ailleurs, si on poussait le lien entre ce livre et la thèse de Hotz, viendrait la question suivante : Si l’univers est un système d’exploitation, est-il Open Source ou faut-il payer des royalties à une entreprise multi-univers nommée MegaSoft ?

Anyway, Hotz souligne qu’il serait facile d’imaginer l’existence d’Intelligences supérieures, Intelligences qui pourraient nous créer une cage invisible à nos yeux d’humains limités.

« Un jour nous aurons un modèle informatique du comportement de chacun, et plus personne ne pourra croire en le libre arbitre ! ».

Je pense que Hotz passe à côté d’un argument de joueur de vieux jeux vidéos. Les personnages sautent en permanence d’un pixel à l’autre ! Leur univers virtuel est discontinu ! Et notre Univers, pour pouvoir être une simulation, doit tout nécessairement être discret, discontinu au sens mathématique. Et bien cette idée d’un univers discret, pointilliste, est une hypothèse que de nombreux modèle confortent, depuis les travaux de Planck.

Hotz ajoute qu’avec un peu de chance, quand on meurt, on se réveille en enlevant son casque de VR. Peut-être que nous nous programmons pour nous même des existences virtuelles infinies ?

La question qui restera en suspend lors de cette prise de parole : Comment « Jailbreaker » notre réalité ?

Pour finir, il recommande la lecture d’une nouvelle d’Asimov : the last question, accessible ici : https://www.physics.princeton.edu/ph115/LQ.pdf

Giant Spoon

Trevor Guthrie and Marc Simons are co-founders of Giant Spoon, a full service advertising agency. Giant Spoon was honored as AdWeek’s “Breakthrough Agency of the Year” in 2018. Guthrie provides the strategic leadership on a number of the agency’s highest profile work, including the creation of HBO’s SXSWestworld experience. Simons co-runs Giant Spoon’s LA office which has been ranked as the “#2 Most Effective Independent Agency in the country by the North American Effie Awards. 

Ils ont recréé le park de WestWorld en vrai,  une ville et 444 pages de script, Trevor Guthrie et Marc Simons, fondateurs de Giant Spoon, l’agence à suivre.

Déjà en 2018, un parc Westworld avait été recréé de manière impressionnante, avec 444 pages de scénario.

Giant Spoon a un budget pour expérimenter au maximum ce qui existe à l’extérieur de l’agence.

Même s’il n’est plus nécessaire de promouvoir Game of Throne, ils arrivent sur scène avec des Unsolid !

En effet, cette annéeils sont allés plus loin, avec une opération Bleed for the Throne basée sur l’univers de Game Of Throne, qui associait le fait de donner réellement son sang à l’entrée du parc. Quand on ajoute qu’il faut s’agenouiller dans la salle du trone devant des dizaines de comédiens, c’est bien une expérience totale faisant appel à tous les sens !

SXSW 2019 Day Samedi 9 mars

Advertising detox: how to reduce cognitive load?

Is there an attentional cost of a Facebook notification? How does the presence of your smartphone reduce your available cognitive capacity? What is advertising and other content really doing to our brains and should we be worried? In a live on-stage experiment, HeyHuman will demonstrate the cognitive effects of different forms of advertising and content through brain-monitoring equipment, good and bad. We will share our neuroscience research insight and how it can change the relationships between brands and people – creating effective content that stimulates rather than drains our brains. 

Neil Davidson @HeyHuman intègre les réflexes de base de la démarche scientifique lorsqu’il faut produire de bonnes campagnes de communication en rappelant l’importance de tester ses hypothèses. Il faut dépasser l’impression que notre créativité est bonne, que nos communications sont réussies. Il faut tester, vérifier, expérimenter.  

Il s’associe pour cela avec une neuroscientifique, Aoife MacGuinness. Celle-ci étudie l’impact de la nouveauté sur la mémorisation à long terme. En effet, nombre de grandes publicités ayant marqué les esprits n’ont pas pour autant réussi à inscrire la Marque dans la mémoire des prospects.

Les critères de nouveauté sont : « Flexibility, Originality, Elaboration, Synthesis, Artistique value ». Ces critères vont faciliter la mémorisation de la publicité. C’est également cohérent avec tout ce que l’on entend sur l’importance de l’expérience qui, touchant aux multiples sens de l’homme, renforce la mémorisation. A l’inverse, la mémorisation diminue lorsque la charge cognitive est trop élevée.

HeyHuman utilise la mesure de l’électroencéphalogramme sur des cobayes visionnant des vidéos pour vérifier en temps réel l’impact des images via la mesure de la charge cognitive et des éléments de surprise, pour déterminer ce qu’ils appellent l’Engagement.

Business and social justice in the Trump Area

A cultural zeitgeist is in motion – one where consumers expect companies to speak out on divisive issues and voice if they are supporting or boycotting in turn. Companies are under the microscope – every move could trigger angst from one consumer segment and praise from another. How can brands navigate the social justice landscape to authentically engage and mitigate backlash? From Ben & Jerry’s founders arrested at the U.S. Capitol to LUSH’s definitive stance against the death penalty and Postmates’ public repudiation of anti-immigrant policies, join a frank conversation from companies on the front lines engaging around these issues. Panelists will unpack their greatest moments of success as well as stumbling points along the way.

La société Lush (cosmétiques cosmétiques) a généré une controverse très importante en prenant position contre la peine de mort lors d’une importante campagne en 2016 (https://www.lushusa.com/story?cid=article_ethical-abolish-death-penalty). La bataille fit rage entre les camps et ce fut très difficile pour Lush de maîtriser l’impact de cette campagne.

De même, Ben & Jerry’s, en prenant position pour l’environnement contre la politique de D. Trump, ont du faire face à un vent contraire, toutefois ils estiment que le résultat fut extrêmement positif bien que de nombreux impacts soient difficiles à quantifier. Par exemple, lorsqu’on demande aux employés de Ben & Jerry’s pourquoi il y travaillent, ils répondent à 100% que c’est pour l’impact social et environnemental positif et non pas parce qu’ils aiment faire des bonnes glaces.

Au final, Trump a polarisé les forces aux USA. Mais de nombreuses company affirment que Trump les a réveillés. « Il faut dans les entreprises des leaders qui ne viennent pas du business pour équilibrer le système.  » souligne Chris Miller, et ajoute « Attention au bullshit, à la haine et la violence sur les RS, au futur dystopique de Trump, c’est mauvais pour tous. »

So you want to be a change agent

Most organizations are designed to preserve good ideas and implement them at scale. It should be no surprise then that organizations are horrible at nurturing new ideas and embracing the future. This is why it’s so difficult for individuals with new ideas to advance them effectively inside organizations, or even within a team. This presentation, by a veteran change agent who brought meaningful change to CIA, will give you the practical skills to not just overcome organizational obstacles, but to prosper and succeed as a change agent. You will learn how to prioritize your change ideas, refine your proposals, gain important allies, and master important meetings when your ideas get a hearing.

Carmen Medina a travaillé pendant plusieurs décennies à la CIA et a du faire face à de nombreuses formes de résistance au changement. Se qualifiant d' »hérétique » dans son organisation, elle récapitule son expérience à travers plusieurs points :

1- « Si vous pensez que votre entreprise agit stupidement, alors vous pensez être plus intelligent, et c’est votre responsabilité de résoudre les problèmes de l’entreprise. »

2-« Si vous êtes un un hérétique dans votre entreprise, vous devez apprendre à être heureux en tant qu’hérétique »

3- « Si vous voulez changer la philosophie de votre entreprise, il faut trouver un angle indirect, en phase avec son ADN. On ne peut pas attaquer de front les fondements « théologiques » (ie philosophiques) d’une organisation et espérer les faire évoluer.

4-Il faut que nos idées deviennent les idées des autres. « Make your idea community property. »

5-« Know when to quit. » Tip: « It may be when people describe you in a way you don’t recognize yourself. »

6-« Always speak your truth »

7-« Develop emotional intelligence »

Mitigating climate change with reflexive sand

Introducing Ice911, an organization of dedicated engineers with a viable, scalable solution to restore ice in the Arctic, which has lost 80% of its volume since 1979. Founded by MIT & Berkeley alum and inventor with 54 patents, Dr. Leslie Field, we are currently conducting research in the Arctic, using a reflective silica sand spread on top of ice to increase its reflectivity. Reflective ice absorbs less heat and can survive the Arctic summer to become multi-year ice. The base material—silica—was chosen to be as harmless and ubiquitous as possible, and is the main constituent of 95% of rocks on Earth. Climate modeling shows that, by applying the sand in a strategic location of the Arctic, Ice911 can rebuild ice volume, decrease extreme weather, and reduce Arctic and global temperatures. 

Ice911 propose une solution de géoingénierie pour limiter la vitesse de fonte de la banquise en déposant de la silice en surface. Le témoignage extrêmement sincère par Leslie Field illustre montre qu’il reste une infinité de possibilités à envisager pour limiter l’impact écologique de l’homme. Elle a décidé de mettre toute sa « science », toutes ses connaissances et tout son réseau pour attaquer de front la question de la fonte de l’arctique.

Bien que j’admire la démarche, je reste sceptique sur les effets secondaires. Je recommande sur la question le très bon exposé de Data Gueule sur la géoingénierie, ainsi que le livre de Philippe Bihouix, « L’Age des Low Tech », aux éditions Seuil.

 

SXSW 2019 Dimanche 10 mars

The future of design: computation and complexity

par @stephenandersen Stephan Andersen

We need a new kind of designer, focused on problems of scale and the algorithms that can help — or exacerbate — matters. Historically, designers have improved the world through the thoughtful design of products and experiences. But these delightful moments mean little if we fail to design for the complex, dynamic, and increasingly tech-driven systems in which we now live. As designers, we need to start seeing ourselves as change agents. What new skills are required to design in this future?

Selon Stephan Andersen, le design 3.0 reposera sur des systèmes qui produiront des interfaces automatiquement, sans UI designers mais avec de l’IA. Le métier d’UI Designer va plus que se transformer ! Il devra travailler d’avantage à la logique sous-jacente et sur les données pour que ces systèmes basés sur l’IA puissent apporter des vrais bénéfices aux utilisateurs.

Les nouvelles compétences du Designer sont : des bases d’AI, du DATA management, des techniques de workshop, et le bon mindset. Il conclut : « We may shift from human centered design to humanITY centered design ». J’abonde !

Spin cycle: The rise of scooters in cities

Avec Steve Adler, maire d’Austin

Urban areas are increasingly in need of mobility solutions to help residents move around. As cities seek more transportation options, an emerging innovation has inundated streets across the country: electric scooters. As more and more people find themselves zipping around town on scooters, how can cities, scooter companies, and riders ensure it’s a smooth ride? This panel will explore the effect the scooter craze is having and will discuss topics ranging from regulations to public safety to infrastructure. We will highlight the benefits and challenges of adding scooters onto the streets. You will learn how cities and transportation innovators are responding to this advancement and how the lessons learned from scooters will prepare for the next wave of innovation in transportation. 

Le nombre de véhicules léger électriques explosent littéralement à Austin. Ils n’existaient quasiment pas il y a un an. Pour rappel, ils sont apparus de façon sauvage, laissant la Mairie plus que froide sur le sujet. Toutefois en un an les mentalités ont changé. Il y a maintenant 9 concurrents pour les trottinettes qui permettent de faire la transition entre les autres moyens de transport. Du bus au métro à son travail à sa voiture. Pour rappel,  « les Texans adorent leurs voitures » et 74 % de gens viennent à Austin en voiture, seuls. Il faut diminuer de 20% ce trafic pour faire face à la croissance de la ville, grâce aux bus et pourquoi pas au trottinettes.

Fort de ce constat, le Maire d’Austin soutient qu’il faut que la législation évolue en temps réel, à la vitesse de la technologie. Il est faut maintenant apporter la sécurité aux trottinettes et vélos car les accidents sont nombreux.

Cela me donne une idée : ne serait-il pas possible de détecter les comportements anormaux sur les trottinettes, telle que la conduite en état d’alcoolémie, grâce à l’IA ?

Meg Merritt : « le débat sur la place que prend les trottinettes sur les trottoirs révèle la place incroyable que prend la voiture dans les rues. » D’autant que dans toutes les grandes villes du monde, le taux d’occupation par véhicule augmente, alors qu’au USA, ce taux – par la magie du véhicule autonome – est en train de passer sous 1 !

Je pense pour ma part que le débat est très équilibré et ouvert. La solution, bien que non exposée ici, est simple et évidente : il faut retirer des voies aux voitures pour les donner aux véhicules légers : je parle des gyropodes, les skates, les trottinettes, les rollers, des onewheels et solowheels. Je rêve de vivre dans une ville avec des voies Rollers au macadam roulant comme des billards.

Algoraves: Live Coding Dance Music !!!

This session will discuss Algorave: a global movement focussed on creating dance music through the writing and editing of algorithms. At an Algorave, performers live code and project their screens for the audience to see the creative process unfolding. Since it emerged in the UK in 2012, Algoraves have taken place around the world, with large communities developing in North America, Japan, Europe and Latin America. To understand how the scene has expanded, we will bring together leading performers from the community to discuss the systems they use and the sounds that they make. In a world where algorithmic processes are becoming so embedded in our daily lives and increasingly opaque, we hope to uncover why live coding is so exciting! Please bring and laptop and some headphones. 

Et maintenant un workshop que j’attendais avec impatience : L’Algorave. L’algorave, c’est la culture de l' »algorithm danse music », du Live music coding ». L’Algorave, c’est de l' »Algorithmic Delight » ! Bref, c’est un néologisme (Algorithme et Rave) à ne pas prendre trop au sérieux. Le workshop est mené par Joanne Armitage (@joannnne), Alexandra Cardenas, Shelly Knotts (@shelly_knotts) et Antonio Roberts (@hellocatfood). Ils sont géniaux.

L’Algorave est un mouvement musical qui propose de produire de la musique par la programmation en temps réel. Ce mouvement met en avant le processus créatif en projetant l’écran de l’artiste, dans une philosophie de partage.

Basé sur des processus génératifs. J’ai toujours pensé qu’il fallait que j’aille voir dans cette direction, musique + algorithmes, ou generative music design ! Mais je n’ai pas rencontré les plateformes adaptées pour cela, et en suis resté à l’image animée d’un côté et à la composition musicale (MAO) classique. En fait ces plateformes existent et son nombreuses. On peut mentionner TidalWave et SupperCollider. Une liste des outils est disponible sur GitHub.

L’Algorave a sa philosophie : Il existe un manifeste (https://toplap.org/wiki/ManifestoDraft), basé sur la transparence du processus créatif. Montrer son écran permet de montrer ses erreurs, de montrer que nous sommes,  c’est-à-dire  une personne face à une situation. Les bugs, plantages, erreurs de syntaxes, font partie du processus. C’est la philosophie de l’open source. L’adoption est mondiale avec une grande diversité des populations. La programmation est dominée depuis le commencement par l’Homme Blanc c’est pourquoi une Algorave est annulée s’il n’y a pas de femmes ni d’hommes de couleurs derrière les claviers !

Une plateforme en ligne simple pour commencer : https://gibber.cc

Deepfakes, par Sam Gregory de Witness

Deepfakes! As more sophisticated, more personalized, more convincing audio and video manipulation emerges how do we get beyond apocalyptic discussion around malicious deepfakes and other AI-manipulated synthetic media? Focused on WITNESS’ collaborations with technologists, journalists and human rights activists (wit.to/Deepfakes) we’ll explore state-of-the-art usages and potential solutions (wit.to/DeepfakesSolutions) and how we fight the dark side of a faked video + audio future. 

Deep fakes, par Sam Gregory de Witness. Witness observe les rapports entre les droits de l’homme et les technologies de l’audiovisuel.  « Nous risquons de tomber dans un monde où il ne faut pas croire les images jusqu’à preuve du contraire. »

Sam Gregory raconte que tous les journalistes qu’il connait ont subit une attaque de décrédibilisation avec des fausses informations et des fausses preuves. Hélas, la technologie évolue trop vite pour détecter les faux, la solution est de revenir à la source de l’information. Ainsi, pour les journalistes comme pour les citoyens, « il faut toujours vérifier les sources ».

 

SXSW 2019 Lundi 11 mars

NASA is going to the moon again.

NASA, its international partners and a global industry team are establishing a unique scientific, commercialization, and exploration infrastructure which will fuel an Earth/Moon/Mars economy as humanity embarks on its missions to the Moon and onward to the Red Planet.  Astronaut Tony Antonelli, Lockheed Martin’s Exploration Mission Director, along with his colleague space architect Danielle Rihey, will show you the latest space architecture concepts and provide you the latest updates on spacecraft development for NASA’s deep space human exploration endeavors. You will also have the opportunity to submit your ideas to fly a payload in lunar orbit on the Orion Spacecraft. 

Tony Antonelli, ancien astronaute de la NASA et directeur de Mission chez Loockheed Martin, présente le programme Orion qui permettra de retourner sur la lune sous 5 ans. Il s’agit en fait d’une première étape vers Mars, avec trois objectifs concrets :

  • Démontrer la  capacités à habiter ailleurs que sur terre
  • Assembler un vaisseau dans l’espace
  • Tester un modèle commercial avec des voyageurs payants. Les tarifs sont encore à déterminer, mais la brochure existe avec 3 options (voir photos dans le tweet)

Tony Antonelli précise que dès qu’on pourra gagner 1$ en envoyant quelqu’un dans l’espace, le pari sera gagné pour la conquête du système solaire.

Tony Antonnelly pense que tous les composants pour atteindre Mars existent déjà, il reste « seulement » à les assembler. Un voyage qui pourrait durer plus de 3ans pose plusieurs problèmes : conséquence sur le corps de l’absence de gravitation, effet des radiations solaires et impact psychologique de l’enfermement. C’est problèmes ont tous des réponses « plutôt acceptables » selon Tony Antonnelly. Il reconnait que ce sont les Russes qui sont les plus avancés sur la question de la psychologie de groupe.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Orion_(v%C3%A9hicule_spatial).

Le Trade Show

The Trade Show highlights the integrations and overlaps between SXSW’s converging industries, hosting a diverse range of forward-thinking exhibitors ranging from promising startups to established industry leaders.

On retrouve immédiatement sur le Trade Show une ambiance de grand salon, à la façon de Vivatech, mais avec plus d’espace, de temps, et moins de visiteurs. Les grands thèmes abordés sont :

  • come & capture
  • Discovery stage
  • Future of Food
  • Future of Mobility Showcase
  • Health & MedTech Pavilion
  • International Innovation Platform
  • International Pavilion
  • Job Market
  • Meet Up Pavilion
  • Next Stage
  • Smart cities Pavilion
  • Social Impact Pavilion
  • Startup Village
  • Style Lab
  • VR/AR Experience

SXSW 2019 Mardi 12 mars

How the future will be shaped with data, par Charlie Fink

This is a historic moment. We are on the cusp of a new generation of mobile computing. Latency-free 5G broadband networks, Artificial Intelligence (AI) and Augmented Reality (AR) technologies will converge in the next five years to change the world as we know it. Our devices will change dramatically and change us in ways no one can fully predict. Convergence tells the story of Augmented Reality, a new technology that’s seeping into every smartphone and every workplace. But the smartphone is just the beginning. We will soon wonder how we put up with its miserable form for so long. In this presentation of key ideas from his new book, author and Forbes columnist Charlie Fink will discuss how the convergence will lead to head-worn, interoperable AR/VR glasses and, ultimately, to wearable, invisible, computing. The book uses a kind of AR called « marker AR, » to allow readers to use their smartphone to bring pages to life in surprising and entertaining ways to illustrate how the world, and everyone it, will be painted with data. More than a book about technology, this is about an evolutionary change in humankind. 

Charlie Fink, auteur du livre de référence sur l’AR et la VR Metaverse, présente son nouvel ouvrage : « How the world will be painted with data. ». Il observe depuis de nombreuses années maintenant l’évolution de ces deux technologies et présente quelques conclusions. La première est que la technologie réussi lorsqu’elle permet de réaliser ce que nous faisions déjà, mais mieux, plus vite et pour moins cher. Cette remarque est particulièrement sanglante à l’égard de la VR qui nécessite encore un disposition lourd, encombrant et souvent cher.

« Le problème de la #VR n’est pas la technologie, mais l’usage. Quelle est la valeur ajoutée par rapport à l’existant ? » La remarque vaut aussi pour l’AR qui pène à trouver une place, sauf en entreprise où son utilité est réelle car elle augmente les capacités du travailleur qui a besoin de ses mains et ses yeux pour autre chose qu’un clavier et un écran (médecins, caristes, responsables de maintenance…). De plus, l’usage en entreprise est très cadré par un contexte connu, ce qui permet de développer des interfaces spécialisées. Le grand public attend des usages plus variés dans des contextes imprévisibles, versatiles, ouverts.

Le secret pour le grand public et de produire de la valeur ajoutée, en passant de la technologie à la plateforme de service, souvent en s’appuyant sur la convergence de technologies. Il faut aussi savoir attendre cette convergence, comme l’a bien compris Apple.

Il fait aussi un aparté sur l’apparition prochaine de la 5G qui a la fois va révolutionner le web qui fera davantage disparaitre la technologie (par exemple avec le wearable computing), mais pas dans tous les cas car les ondes 5G détestent l’acier, le béton et les vitres… ce sera donc compliqué à New-York.

Charlie Fink, en bon marketer, nous a offert son livre en téléchargement. Merci à lui. Après l’avoir parcouru, c’est une somme, écrite en équipe par un grand nombre de spécialistes.

Virtual Cinema

Immerse yourself in the latest VR/AR storytelling from some of the most creative minds in the world at the SXSW Virtual Cinema presented by Bose.

Un hall du Marriott est dédié à la présentation de films VR originaux. Les installations sont vraiment réussies dans une ambiance sombre, confortable, intimiste. Hélas, le temps d’attente pour voir un film est souvent rédhibitoire. Je n’ai pas pu voir le film -22.7 ° réalisé par Jan Kounen, Molécule et Amaury la Burthe.

Diaporama des installations

 

How to make happiness stick?

You’ve chosen happiness. Now what? As the science of tying together real-world relationships, happiness and health gains credence and a global platform, a new challenge is rising on the backs of ever-evolving technology, cultural shifts, and political polarization. How do we make happiness more than a cup of coffee with a friend or shared smile with a stranger? How do we make it actually stick into our daily routines as we seek to build both interpersonal and global connectedness? As it turns out, choosing to be happy is just half the battle. Pulling ourselves and others up from the spiral of loneliness is just a good start. Put down your cells phones and come listen for an hour, you might just hear something that will stick

Amy Blankson, auteure de The Future Of Happiness conseille en premier lieu de poser nos smartphones et d’écouter ! La première règle du bonheur, qui sera largement confirmée par Bozoma Saint John dans une conférence ultérieure est de croire en soi, et donc de ne pas se remettre en question à la première critique. Soit, mais j’ajouterai qu’il ne faut pas oublier d’écouter les autres sous peine de tomber dans l’erreur et de souffrir davantage.

Jason Buzi, fondateur de TopOffer: Il faut donner pour être heureux, le bonheur vient des autres. Il ajoute qu’il faut le faire en s’amusant, comme il le fit lorsqu’il cacha de l’argent dans les rues de San Franscisco et twitta des indices pour le retrouver. C’est le phénomène « Hidden Cash » qui est inventé. Il recommence cet année à Austin lors du SXSW en cachant des boites contenant au minimum 200$ en cash et en argent.

Google Fiber Refresh Food Program

Is that salad brought to you by an algorithm? The Refresh Working Group, Google, and Swell Creative Group host a day of food activations, discussions, and cooking demonstrations. Come explore how AI is transforming the entire food system.

Google s’occupe de notre avenir alimentaire avec son « Refresh Working Group ». Des insectes au menu et de l’#IA pour optimiser la production.

La startup Farmwave met en relation les agriculteurs et les chercheurs pour leur fournir les données et les outils qui leurs sont utiles. Farmwave espère réduire de 20 à 30% la destruction des sols et augmenter d’autant leur rendement.

https://farmwave.io/

 

SXSW 2019 Mercredi 13 mars

A new space age, avec Brigitte Berman

The youngest person to do a NASA mission at age 16 discusses how her experiences shaped the future of her career. She will share the newest and most exciting discoveries, which will disrupt not only the way we look at fiscal investments in the future, but also how we utilize concepts of gravity, light, time and physical space to innovate within our own companies and lives. The talk will use the gravitational epi-centers of black holes, as a tool for looking past chaos in a system, not to be in line with the biggest trends of tomorrow, but rather, to embody and to set them. Like the center of a supermassive black hole, we are being drawn towards a future still unclear, with space travel, quantum computing and perhaps even contact with other intelligent life forms, becoming an everyday normality.

« C’est de début de la conquête spatiale grâce à tous les innovateurs privée. C’est aussi le début de la compréhension de ce qu’est l’homme. ». Brigitte Berman ouvre cette journée avec un discours de motivation pour partir à la conquête des étoiles. Brigitte Berman avait 16 ans lorsqu’elle a participé à une mission de la NASA, et ce n’est qu’un extrait de son incroyable curriculum vitae. Elle avait écrit à 14 ans le livre « Dorie Witt’s Guide To Surviving Bullies », puis présenté un court métrage au festival de Cannes en 2017 puis monté sa société Pearl Star Entertainment qui propose d’utiliser la réalité virtuelle pour soigner des pathologies mentales, à grande échelle.

Extrêmement à l’aise à l’oral, Brigitte invoque tous les champs de la connaissance (biologie, physique quantique, histoire, mathématiques…) pour défendre l’idée qu’on peut dépasser l’impossible, qu’il faudra dépasser l’impossible, pour atteindre les étoiles.

https://www.brigitteberman.com

Flying taxis and ambulance drones:SciFi 2 Reality

It looks like the skies over metro areas will become a lot more exciting very soon: Whether it’s urban air taxies shuttling you to work and back, or drones flying blood samples between labs and hospitals above struck road traffic. New services are due to revolutionize both our living standards and service sectors. Or will they really? After all, early 20th century drawings already showed urban skies in the 2000s filled with zeppelins, and neighborhoods seamlessly connected by stream train lines. What needs to be done to ensure the urban air mobility sector will really take off, and not remain a day dream? Which laws and regulations still need to be written? What are the pivotal challenges and milestones? And who will be the real game changer: technology or politics? 

Ampair et Lilium construisent des avions électriques. De surcroit, ceux de Lilium sont autonomes et fonctionnent plus comme des quadricoptères (ou drones dans le langage courant). L’avion électrique tente de limiter les émissions de CO² dans la haute atmosphère. En effet, l’aviation répand 800 millions de tonnes de co2 en 2018 et ce chiffre devrait être multiplié par 3 en 2050.

J’ajoute qu’il faut néanmoins faire attention à l’effet rebond. Il est possible que ces nouveaux véhicules répondent à une nouvelle demande (déplacement rapides sur des distances inférieures à 300 km) et n’aient aucun effet sur l’aviation classique.

La technologie est quasiment au point, les prototypes existent, mais les certifications aériennes doivent évoluer pour permettre à ces petits avions de trouver une place dans les espaces aériens et économiques.

Bozoma Saint Jones, CMO endeavor

A CULTURAL CRYSTAL BALL For all of us who live in the future (marketers, innovators, technologists), wouldn’t it be nice to have a cultural crystal ball? Something that tells us what’s next in entertainment, sports, art, fashion and food and, more importantly, how to help create it? Join Endeavor CMO Bozoma Saint John in a discussion moderated by Ashley Graham, supermodel, entrepreneur, and host of the “Pretty Big Deal,” about where these crystal balls are hidden (in and outside your organization) and how to bring their predictions to life.

Je n’ai pas twitté lors de l’interview flamboyante de Bozoma Saint Jones, mais voici la captation de l’événement :

 

SAMSUNG Experience Tour

Samsung fête ses 10 ans et la sortie du Galaxy S10 dans son stand installé au nord du centre ville.

L’idée de pouvoir recharger le smartphone d’autrui par induction est très séduisante : « j’ai encore 56% de batterie, et tu n’as plus que 4%. Je te donne 20% … contre une pizza chorizo gorgonzola ! ». Par contre il faudrait tester le rendement qui ne doit pas être excellent.

LEED Certification

Dans le Convention Center, on trouve en plusieurs lieux la plaque interactive ci dessus qui montre la performance du lieu. J’adore tant sur le fond que la forme.

SONY Wow Studio

De nombreuses technos sont visibles sur le stand de Sony, orientées IA et robotique. Par exemple, une installation permettait de collaborer avec une IA pour composer des partitions musicales.

SXSW 2019 Jeudi 14 mars

Cannabis: the new normal with Adam Bierman

The perception of cannabis is evolving. Today, cannabis has a seat in mainstream culture, playing a pivotal role in everything from music to wellness. Learn how MedMen—the leading U.S. cannabis retailer – is writing the book on the future of the industry, by elevating the retail experience, eliminating stigma and advocating for legalization. CEO and co-founder Adam Bierman will reveal what the new normal of cannabis culture looks like – and how the industry is primed for partnership with diverse brands and businesses.

Adam Bierman a créé la plus grosse marque de retail de Cannabis aux USA. Ses magasins sont déployés dans les états où la loi autorise la consommation récréative, mais aussi dans ceux qui n’autorisent que la consommation médicale, comme c’est le cas à New-York. Adam Bierman tente de changer les a priori sur ce qui est normal ou ne l’est pas dans la culture américaine. Pour cela, il a réalisé un film publicitaire engagé avec Spike Jonze.

Il ajoute que la légalisation permettrait de gagner la guerre contre la drogue, et ne pas passer à côté d’un business juteux.

On voit avec des sociétés comme Convectium que l’industrie est prête !

Blockchain for impact

Blockchain is changing the world around us – how we interact, how we work and how we run our organisations’ operations. In this panel, there will be an engaging conversation on the (social) impact of the blockchain technology to date and its un-tapped potential.

The panelists will share their examples from around the world of designing and implementing blockchain projects in emerging and developed markets and what it takes to achieve impact at scale.

Actual implemented applications of blockchain projects from diverse sectors will be shared, for example the World Food Programme’s Building Blocks e-wallet in Jordan and the blockchain initiatives supported by the World Economic Forum’s Centre for the Fourth Industrial Revolution.

Nombreuses sont les conférences sur la blockchain. Pour un autre point de vue je vous renvoie à l’article du Hub Institute rédigé par Benois Zante, « La Blockchain, sujet phare du SXSW 2019« .

J’ai choisi d’assister au panel « Blockchain for impact » : La blockchain peut-elle être utilisée pour défendre les intérêts du peuple ?

Nadia Hewett, lead blockchain technology pour le World Economic Forum : Il y a un gap entre la vitesse d’évolution du blockchain et la législation. Il faut construire des Policy Frameworks pour assurer que la blockchain est responsable, inclusive, éthique. D’autant que la blockchain peut faire faire des économies substantielles aux ONG.

Elle souligne qu’il est possible de tracer l’origine d’un produit grâce à la blockchain, et de rémunérer plus directement le producteur. La blockchain favorise ainsi la décentralisation et permet plus facilement d’aider des personnes précises mais difficile à atteindre : par exemple, une identification biométrique permet à des femmes de récupérer de la nourriture dans des camps de réfugiés en Jordanie, sans intermédiaires.

Mais le problème réside souvent dans la qualité des données (le syndrome « Garbage In Garbage Out ») qui perdurent même si elles contiennent des erreurs.

Tomicah Tillemann, New America Foundation, travaille au déploiement de la blockchain auprès des organisations sociales. Il signale qu’en Géorgie, il est possible de voter par smartphone depuis n’importe quel endroit dans le monde. Cela renforce la confiance envers les institutions et renforce la démocratie. Mais attention, la blockchain n’est pas une technologie complètement maitrisée. Toutefois les technologies classiques ne sont pas fiables non plus : Tous les jours nous sommes informés que nos données personnelles ne sont pas en sécurité. Il constate 144 milliards de problèmes de paiement, à cause de problèmes techniques ou de corruption de paiement. La blockchain pourrait faire baisser drastiquement la corruption.

Pour finir il rappelle que la blockchain est fortement consommatrice d’énergie et qu’elle doit être utilisée avec parcimonie.

 

SXSW 2019 vendredi 15 mars

Blame Video Games! Shootings, Disease, and Morality

Video games are an economic force. Employing over 66,000 people which contributed $12 billion to the US GDP in 2017, and with companies found globally throughout every major country and all states here at home, this industry’s reach is truly far and wide. Unfortunately, this reach also makes the industry an easy target. The panelists will discuss challenges posed by governments and agencies around the world as it relates to the culture wars against gun violence, societal norms, protection of children, addictive gaming behavior, and upholding the right to free speech. Learn how to navigate the complexities of government as panelists outline how you can have a deep impact in the gaming industry by learning about issues and making sure your voices (and vote) help create a brighter future.

Les intervenants du panel rappellent les arguments en faveur de l’industrie du jeu  vidéo : Les jeux vidéos, c’est 140 milliards de chiffre d’affaire dans le monde, et 220000 travailleurs aux US. Les salaires sont très hauts, pour les développeurs, mais aussi pour les artistes. De plus cette industrie est très peu concentrée, avec 99,7% de petites entreprises.

Il n’y aura pas de débat autours de cette table ronde car tous font partie de cette industrie. Ils rappellent néanmoins l’argument classique des opposants :

« On tv, violence is passive. In this game a player takes the first step to creating violence. The player is no longer just a spectator. He’s an actor in the process ».

Mais ils citent ensuite plusieurs études affirmant qu’il n’y a pas de corrélation entre les morts violentes et la consommation de jeux vidéos.

60% des japonais jouent aux jeux vidéos. Pourtant ils n’ont eu que 6 morts par arme en 2018, quand les USA ont eu 33.000 morts par arme pour « seulement » 49% de joueurs. #gaming #japan
« Ce n’est pas à l’industrie de définir les limites de ce que les enfants doivent faire, c’est au parents de conserver le contrôle. Une législation visant à admettre l’addiction au jeu vidéo aurait un impact très négatif sur l’industrie. » #gaming

Quel est le jeu vidéo qui a fait le plus de mort ? C’est Microsoft Flight Simulator, qui a entrainé les attentat sur le World Trade Center.

 

SXSW Art Program

The APPARATUM has been inspired by the heritage of the Polish Radio Experimental Studio – one of the first studios in the world producing electroacoustic music.This installation uses analog sound generators, based on magnetic tape and optical components controlled via a graphic score composed with digital interface. Supported by the Adam Mickiewicz Institute, Polish Cultural Institute New York and Embassy of the Republic of Poland in Washington, D.C. 

The second installation from panGenerator gives the impermanence of digital culture a visceral punch. You send a selfie of your face to a 3′ x 3′ monitor on a stand over a large tray. Shortly after it receives and projects your face on the screen, the pixels start to collapse and your features appear to melt, and as they do, gravel drops out of the base on the monitor and rains into the tray below. The screen is blank and all that’s left of your digital portrait is a tray full of gravel. 

J’ai particulièrement apprécié « Every Thing Every Time » qui expose une sorte d’inconscient numérique collectif et localisé :

EVERY THING EVERY TIME transforms urban data into poetry presented on a mesmerizing, large-scale mechanical screen. EVERY THING EVERY TIME will draw on data streams generated by the many events that happen each day in Austin. Passersby can watch as poetry is written in real time and revealed on a split-flap display. The artwork investigates concepts of the ‘smart city’, questioning notions of privacy, use and the role data has in our lives. The work is part of the Future Art and Culture programme at SXSW, presented by British Underground and supported by Arts Council England. This presentation is also supported by British Council and features in their Anyone//Anywhere: the web at 30 season. EVERY THING EVERY TIME was first commissioned in Manchester (UK) as part of CityVerve – a project creating a blueprint for smarter cities worldwide. 

Futuristic Music Production with Music Robot par Moritz Simon Geist.

Today, AI and robots are disrupting creativity as we know it in almost every industry. For the music industry, this means endless opportunities for the music creation process. In this session, Moritz Simon Geist, musician, producer and robotics engineer, will talk about how robots and mechanic instruments can be used to make electronic music – without electronics! This session will provide an overview of the different concepts and approaches to robotic musical instruments. Moritz will also look at the history of music robots, discovers Stunning projects in this field and characterizes different kinds of robotic devices, as well as deep-dive into hardware and DIY techniques to create music robots providing an overview on Geists robots , as well as the production process. 

J’ai trouvé le travail de Moritz Simon Geist original et réussi. Passionné d’électronique, touche à tout et autodidacte, Moritz Simon Geist est un inventeur de génie. Mais cela tient aussi de sa discipline, tellement nouvelle, que l’innovation est en permanence nécessaire. C’est aussi un choix de sa part de ne pas refaire des installations existantes. Sa première réalisation a consisté à produire une version réelle, robotique, de la légendaire boite à rythme MR-808 de Roland :

Il a ensuite recherché son propre son qu’on peut entendre ici :

Il réalise tout lui-même, notamment en exploitant les possibilités des solénoïdes, et en thermoformant ses pièces.

Voici quelques unes de ses références :

Et pour aborder ce vaste sujet :

A quand du live coding de robots musiciens ? Robotic AlgoRave ? Quelqu’un ?

 

 

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Ascendance 2018 – Qu’est ce qui monte, qui monte, qui monte ?

Posted by Jean-Pascal sur 5 juillet 2018

Qu’est ce qui monte, mais reste sur place ? Qui est invisible mais effrayant ? Qu’on recherche jusqu’à un certain point, et qu’on fuit ensuite ?

Le réchauffement planétaire.

J’ai évoqué précédemment plusieurs grandes variables environnementales disponibles permettant de suivre l’évolution de notre écosystème mondial. La température est la plus médiatisée de ces variables, dont l’évolution est qualifiée de préoccupante. Bien que cette évolution soit largement expliquée et fasse consensus, elle reste difficile à percevoir directement.

Je présente ici un travail commencé en 2017, nommé Ascendance, nom des courants d’air chaud appréciés des rapaces ou des parapentistes puisqu’ils permettent de monter sans fatigue. Il s’agit d’une des sculptures élaborées à partir des données les plus brutes possibles : 70 millions de mesures prises sur toutes les surfaces émergées du globe, pour la période 1901-2016. Les quatre dernières années sont particulièrement chaudes. Les données proviennent du National Center for Atmospheric Research.

La chaleur du monde du début du vingtième siècle à nos jours.

Donner à toucher le réchauffement planétaire.

Rendre tangible la menace.

Soupeser notre situation.

5 Ascendances, sculptures 3D en PLA, peintes, hautes d’environ 30 cm.

3 angles de vues d’Ascendance #1, sculpture 3D des températures du globe de 1901 à 2016

Les données brutes ont été intégrées dans un fichier Excel, puis nettoyées et moyennées (via un VB script maison) afin d’obtenir une valeur par mois depuis le janvier 1901 jusqu’à décembre 2016.

J’ai ensuite importé ces données dans Blender / Sverchok et j’ai testé plusieurs représentations spatiales et plusieurs types de rendus. Voici celui qui a eu ma préférence :

Voici une animation qui montre la logique de construction :

J’ai ensuite imprimé le modèle en 3D (CURA + Ultimaker Extended 2), et je l’ai peint avec de la peinture en bombes biodégradable, en essayant de reproduire le gradient de couleur du modèle 3D.

J’aime beaucoup le fait de pouvoir prendre en main ces données, et de pouvoir les passer de main en main. Le « poids des chiffres » est bien là, le réchauffement visible à partir de 1980 alourdissant le haut de la sculpture.

Pourquoi des sculptures, pourquoi une mise en scène ? Le site Des images et des actes défend l’idée que pour marquer les esprits sur le changement climatique, des nouveaux codes visuels devaient être utilisés : l’image de l’ours polaire sur sa banquise fondante ne parle plus, et est trop distante. Une étude de Climate Outreach conforte cette idée. Dans cette étude, de nombreux participants ne voyaient pas par exemple le lien entre une photo d’un homme devant un énorme steak et le réchauffement planétaire. Pas plus que l’image d’une famille en voiture. L’idée du réchauffement planétaire reste, pour beaucoup, abstraite. Je dois avouer que j’ai également ce sentiment quand j’essaie de me représenter l’impact d’un degré d’augmentation moyenne de température.

Toutefois, nous devons garder à l’esprit qu’il faudrait inverser la courbe de CO² d’ici 2020 selon la revue Nature pour atteindre les objectifs de la COP21 et rester sous le seuil des 2° d’augmentation en 2100. Difficile d’être optimiste c’est pourquoi je pense qu’il est important de rechercher des nouveaux moyens de représenter ces enjeux.

Mes autres articles sur le Data Art et le design génératif sont listés sur cette page.

Posted in data art, Design, Design Génératif, parametric design | Tagué: , , | 1 Comment »

Data(land)scape – Évolution d’un bord de mer à partir d’un siècle de données

Posted by Jean-Pascal sur 11 juin 2018

L’affiche ci dessus est le résultat d’une évolution lente, douce à l’échelle individuelle, imperceptible et pourtant radicale. Il s’agit du changement de notre environnement sous de poids de la présence humaine et de ses actions. La chronologie est visible sur le timelapse qui suit, décennies par décennies.

Datascape – Timelapse de plus d’un siècle montrant un paysage virtuel de bord de mer évoluant à la manière de notre monde.

Quelle étrange idée, et pourquoi représenter cette évolution de manière défavorable alors qu’on peut lire ici ou là que l’humanité progresse, que l’accès aux soins ou à la connaissance est facilité en général, et qu’internet réunit tous les humains connectés au sein d’une même famille ? Hé bien il ne s’agit pas d’un choix de ma part, puisque le sens de l’évolution – tel qu’il est montré ici – est déterminé par des données ouvertes.

Je suis simplement parti d’une question : Si on représentait l’évolution du monde sur un unique paysage, que verrait-on ? Je pense à un paysage virtuel sur les plages duquel des immeubles pousseraient. Pousseraient d’autant que la population mondiale augmenterait. Et – pourquoi pas – diminuerait si celle-ci venait à se réduire. Et si le ciel se teintait de brume selon la pollution du moment ? Et le niveau de la mer ne monterait-il pas avec la fonte des glaces ou – à nouveau pourquoi pas – ne baisserait-il pas si un refroidissement moyen était mesuré ? Et surtout, pourrait-on rêver de vivre en ce lieu, ou rêver de le quitter, déçu par son évolution ?

Allons-y, jouons sur un bord de mer en utilisant des données mondiales disponibles depuis 1901 jusqu’à aujourd’hui. Les données que j’ai utilisé sont décrites dans l’article précédent : Quelques données appréciables* sur l’Homme dans son milieu. J’ai retenu de travailler sur quelques variables uniquement, dont voici une vue synthétique de leurs évolutions :

Température, population, CO² de l’atmosphère, couverture nuageuse et précipitations annuelles moyennes mondiales de 1901 à 2016. Sources CRU CY4, Our World In Data, the Great Acceleration.

Voici comment ces variables sont traduites pour produire un paysage :

  • La température influe la couleur et la force du soleil, ainsi que la transparence de l’air
  • la population influe la couleur du sol, la diminution du nombre d’arbre et l’augmentation du nombre de parasols (jusqu’à un point limite), augmente le nombre d’immeuble et leur taille
  • Le CO² influe la transparence de l’air, la position du soleil, le nombre d’oiseaux, le niveau de la mer.
  • la couverture nuageuse moyenne influe sur la taille des nuages
  • La violence des précipitations augmente l’inclinaison des arbres

Les choix présentés ci-dessus sont arbitraires mais ils restent simples. Par exemple, l’augmentation du CO² augmentant l’effet de serre et donc la fonte des glaces, il détermine le niveau de la mer. L’élévation du niveau de la mer réduit les surfaces habitables et, pour les immeubles se retrouvant les « pieds dans l’eau », ceux-ci sont abandonnées et prennent la forme de ruines.

J’ai choisi de positionner le soleil également selon le niveau de CO² : pour un niveau de CO² pré-industriel, le soleil se lève. Par contre, pour un niveau impliquant une élévation de 2°, le soleil se couche complètement, symbolisant le crépuscule d’une certaine humanité.

Ces principes étant posés, il reste à regarder le résultat, produit automatiquement. On constate immédiatement une tendance du ciel bleu vers un coucher de soleil, avec une transformation qui accélère fortement sur la deuxième partie du 20ème siècle.

Voici la vue initiale, en 1901 :

Voici une vue de l’année 1981. Le paysage a bien changé. Les congés de masse, la déforestation, la pollution, le réchauffement ou l’élévation du niveau de la mer n’y sont pas étrangers.

Ce résultat illustre ce les chercheurs de l’IGBP appellent la « Grande Accélération ». Je n’ai utilisé que quelques valeurs, mais ces chercheurs ont identifié de nombreuses autres croissances exponentielles telles que celles de la consommation d’énergie, d’eau ou de forêts tropicales, du nombre de  transports ou des voyages de tourisme. Il faut bien avoir à l’esprit une chose toute simple. Toute croissance liée à la consommation d’une ressource limitée atteint un moment sa limite. Cela est encore plus vrai pour une croissance exponentielle, mais la notion d’exponentielle est difficile à percevoir. Pour ma part, j’en ai déduit une règle enfantine :

Croissance Exponentielle = Problèmes à l’Horizon.

J’ai publié de nombreuses images intermédiaires sur le compte twitter @GlobalDatascape.

Voici une image comparant, depuis le même point de vue mais à 115 ans d’écart, cette plage.

Même plage, présentés en symétrie, mais sans bouger la caméra pendant 115 ans !

D’autres posters seront ajoutés sur le site https://datartjp.wordpress.com/

Si certaines années vous intéressent en particulier, contactez moi en message privé, par exemple sur twitter (@jean_digital). Je peux réaliser des affiches personnalisées grand format à la demande.

Quelques références complémentaires :

 

 

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Quelques données appréciables* sur l’Homme dans son milieu

Posted by Jean-Pascal sur 16 mai 2018

* par appréciable, j’entends que les graphiques ci-dessous permettent d’apprécier (voir) les données directement et simplement. Vous pouvez toutefois les trouver appréciables, au sens d’utiles et agréables, si elles vous apportent un éclairage sur notre fragile situation.

Je poursuis ici ma recherche sur la Data Art, avec l’envie profonde de produire à nouveau des représentations originales à partir de données réelles du monde.

Je pars ainsi en quête de données globales et mondiales (population, météo, économie…), sous forme de séries temporelles, annuelles, depuis 1901 à nos jours. Comme j’ai pu le souligner précédemment, trois phases sont nécessaires pour produire une forme à partir de données : l’extraction, la subjectivation et l’esthétisation. Dans cet article, je me cantonne la première phase : recherche de données et mise en forme de graphiques « classiques » (des courbes en 2D). La méthode que j’ai utilisée pour produire ces courbes sera présentée dans un article ultérieur, sachez juste que j’ai développé avec Blender un outil simple et ludique, quelque chose de l’ordre du jouet, me permettant de croiser 3 séries entre elles et d’obtenir les représentations qui parsèment ce texte.

Que quelqu’un me montre des données manquantes !

Le web nous donne accès facilement à des données mondiales, moyennes, sur l’ensemble de la terre. Plusieurs instituts donnent à la fois des données agrégées et des données brutes telles qu’elles ont été prélevées.

Il est étonnant de lire ou d’entendre des climato-sceptiques affirmant que de telles données n’existent pas ! Voici par exemple une critique habile d’un discours de M Courtillot par « le réveilleur ».

Bien sur, la majorité des entreprises conservent leurs datas pour elles-mêmes, mais il n’en va pas de même dans la recherche publique. Et oui, beaucoup d’universités ont encore une éthique universalistes. Partageons nos connaissances pour le bien de tous.

Ces données brutes existent bien puisque j’ai pu les utiliser pour construire par exemple « Ascendance » en utilisant plus de 7 millions de mesures. Voici la vidéo de modélisation :

De quelles données disposons nous ? J’ai trouvé trois sources intéressantes couvrant année par année la période 1901- 2016 :

  • Le CRU CY 4.01 apporte la couverture nuageuse, la température moyenne du jour et de la nuit, le nombre de jours dont la température reste inférieure à 0, l’évapotranspiration, les précipitation, la pression atmosphérique et le nombre de jours de pluie.
  • Our World In Data apporte la concentration en CO² (qui induit pour partie le réchauffement planétaire par effet de serre).
  • World Population History fournit une estimation de la population humaine sur terre. J’ai recopié les données à la main car je n’ai pas trouvé d’export.

Deux séries me manquent encore, celle du PIB moyen mondial et la production d’énergie sur cette période de 116 ans. Je recherche également le nombre d’arbres par habitant. Sauriez-vous où les trouver ?

Se faire graphiquement plaisir

En s’amusant à croiser des données, j’obtiens par exemple le graphique qui suit. Le temps s’écoule en abscisse (axe horizontal). En ordonnée nous avons le nombre de jours dont la température est inférieure à 0. Enfin, la couleur et la taille des bulles sont déterminées par la troisième variable, la température moyenne dans cet exemple.

Date x Nb Jours de gel x Température

Le graphique permet de bien observer la diminution du nombre de jours de gel en moyenne sur terre. J’ai mis en bas à gauche la courbe simple afin de bien voir le mouvement général. On constate que le gradient de couleur du bleu au rouge va du haut vers le bas, de la gauche vers la droite : le nombre de jours de gel diminue logiquement quand la température augmente. Il est aisé de voir cette corrélation en croisant directement la température et le nombre de jours de gel :

Température x Nb jours de gel x Date

Attention, une pause s’impose. Bien que ces données sont clairement corrélées, cela ne signifie pas pour autant qu’il y a une relation de cause à effet entre les deux. Cette corrélation ne prouve pas :

  • que l’augmentation de la température induirait la diminution du nombre de jours de gel. (en plus, le nombre de jours de gel pourrait être constant si l’écart entre les températures minimales et maximales augmentait),
  • que la diminution du nombre de jours de gel causerait l’augmentation de la température moyenne,
  • qu’une cause unique et commune induise l’augmentation de la température ET la diminution du nombre de jours de gel.

Pour étudier les relations de cause à effet, je vous renvoie sur le blog de Jean-Marc Jancovici (https://jancovici.com/) ou toutes autres sources passionnantes du web.

Revenons à la visualisation brute de nos données. Voici une vue d’ensemble de paramètres croisés. On peut voir d’un coup d’œil que certaines valeurs semblent corrélées et d’autres non.

Jean-Pascal Martin (2018). Data: CRU TS 4.01, World Population History

Il est intéressant d’en détailler quelques-uns. Sans surprise, on voit ci-dessous que la température moyenne de 1901 à 2016 augmente, le phénomène s’accélérant.

Température x Date x Température

D’autres corrélations sont moins évidentes, par exemple l’augmentation de la couverture nuageuse (ci-dessous). Pourtant, il semble bien y avoir un effet, ce qu’une corrélation linéaire montrerait facilement. Pour l’augmentation des précipitations, la prudence s’impose davantage car la dispersion des données augmente encore. La courbe disparait dans un nuage de points.

Date x Couverture nuageuse x Température

Date x Précipitations x Température

Je n’ai pas fait de calcul de régression, principalement parce que cela nous éloignerait de la perception brute et directe des données. Je laisse pour l’instant ces calculs au GIEC car ce n’est pas mon propos immédiat. Mais si j’ai l’énergie (tout est affaire d’énergie) je le ferai plus tard, notamment pour réaliser mes propres prédictions pour les années 2030, 2050 ou 2100. Si vous souhaitez me proposer vos projections, je peux vous transmettre mes données bien sûr.

Revenons au graphique. Une première cause possible à l’augmentation de température serait l’augmentation de l’activité humaine, qui est logiquement liée au nombre d’humains sur terre. Voyons le lien entre population et température :

Population x Température x Température

La relation est visible, non ? Alors, est-ce que c’est l’augmentation de la population qui génère l’augmentation de la température à l’échelle mondiale ?

Une équation simple pourrait nous aider à continuer cette réflexion. Il s’agit d’une équation étrange, dite équation de Kaya, qui fait le lien entre taille de la population, émissions de CO², Consommation d’énergie et PIB. En gros, l’équation nous apprend que pour diviser le CO² par deux, il faut diviser la partie droite de l’équation par 2.

 

Pour plus de détails, je vous renvoie à l’article wikipedia : Equation de Kaya , ou au site Made In Earth.

De plus, les scientifiques expliquent très bien l’effet de serre provoqué par certains gaz, le CO² en tête (à 76%, le méthane participant à 16% selon le C2ES). Heureusement, j’ai pu récupérer les émissions de CO² communiquées par Our World In Data. OurWorldInData fournit à la fois la quantité de CO² présente dans l’atmosphère et celle émise dans l’année. Il est à noter que le CO² émis se désagrège très lentement, sur plus d’un siècle (cf Blog de Jean-Marc Jancovici) : ainsi le CO² émis au début de l’ère industrielle est toujours en grande partie présent dans notre atmosphère et participe toujours au réchauffement.

Les deux graphiques qui suivent illustrent le lien entre CO² présent, population et température :

CO² présent dans l’atmophère x Population mondiale

CO² présent dans l’atmosphère et température moyenne mondiale

En synthèse, je note que les données sont cohérentes avec les constations d’experts :

  • La température augmente avec le temps
  • La couverture nuageuse augmente avec le temps
  • La surface de glaciation diminue avec le temps
  • La variété et les pics des précipitations augmentent avec le temps
  • La quantité de vapeur d’eau dans l’air augmente avec le temps
  • La population humaine augmente avec le temps
  • La population humaine croit en corrélation avec l’augmentation de la température.
  • La quantité de CO² dans l’atmosphère augmente avec le temps
  • La population humaine croit en corrélation avec l’augmentation de CO² dans l’atmosphère

J’arrête ici ces réflexions même si j’aimerai intégrer les données de consommation annuelle d’énergie et celles de PIB par la suite. Mais la matière est suffisante pour envisager de produire des sculptures ou autres tableaux numériques à partir des données récoltées.

Je propose pour la suite de présenter un paysage de bord de mer qui évolue selon certaines de ces variables. J’ai commencé à publier certains de ces paysages sur twitter avec le compte @GlobalDatascape.

A bientôt donc.

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L’humanité fossilisée – le choc de sculptures (2/2)

Posted by Jean-Pascal sur 10 décembre 2017

Il serait intéressant de donner vie aux animaux modélisés dans l’article précédent. Ces animaux, dont les caractéristiques sont déterminées par les données de consommation et de production de ressources de différents pays, pourraient s’appeler des datarthropodes : une forme de vie animale obtenue par sélection… artificielle… de données.

Voici une version plus longue du film explicatif et comparatif entre différents datarthropodes, pays par pays.

Maintenant, pour matérialiser des fossiles sans attendre, il faut court-circuiter la nature, qui met des années à minéraliser des animaux. J’ai donc imprimé un datarthropode du monde par impression 3D, en 2 parties réunies ensuite pour voir une forme de plus de 20 cm de long.

J’ai ensuite réalisé un moulage silicone après avoir créé une enceinte en argile autour du modèle :

20171115_192143

Moulage silicone avec enceinte en argile

20171115_194225

Moule silicone

J’ai testé différentes matières et différents méthodes de moulage, avec pour objectif de produire des fossiles durs et résistants. Comme je me suis dit que le béton fin serait parfait pour cela, j’ai  testé celui de The French Viking, deux types super sympas et talentueux rencontrés à la Maker Faire 2017 de Paris. Il fournissent un béton très fin, solide, et pouvant être teinté dans la masse grâce à des pigments multicolores.

Il suffit de 24 heures au béton pour sécher et être prêt à démouler.

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Le datarthropode de gauche est peint à la laque, celui de droite à la peinture acrylique.

Pour plus de photos, vous pouvez consulter ma galerie DatArtJP.

D’autres moulages vont suivre que je posterai probablement ici ou sur la galerie.

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L’humanité fossilisée – le choc des sculptures (1/2)

Posted by Jean-Pascal sur 31 octobre 2017

Empreinte de consommation

Je suis tombé récemment sur le site du Global Footprint Network qui fournit une source de données remarquable : la traduction de l’ensemble de nos activités humaines sous la forme d’un indicateur unique. Cet indicateur, nommé l’empreinte carbone de consommation, permet de se faire une idée de l’utilisation que nous faisons, pays par pays, depuis 1961, de nos ressources naturelles.

Par exemple, pour la France, cet indicateur permet d’établir la croissance de 1961 à nos jours (en rouge sur la courbe ci-dessous). Notre utilisation est traduite en équivalent d’hectares nécessaires à notre consommation (ou Global Hectar). Source.

GFN - France per capita

Sur la courbe, la croissance semble modérée, mais un deuxième indicateur permet de mettre l’empreinte de consommation en perspective. Il s’agit de l’empreinte de production, à savoir ce que le pays est capable de régénérer comme ressource tous les ans. Il s’agit sur le schéma de la courbe verte.

Là où le bas blesse, c’est que notre consommation est supérieure à notre production, depuis 50 ans au moins, soit grâce à l’utilisation de ressources non renouvelables, soit par l’importation. Nous sommes endettés !

Le choc des sculptures

Puisque nous parlons d’empreintes fossiles, pourquoi ne pas fabriquer des (faux) fossiles reprenant les caractéristiques de chacun des pays ? Les fossiles illustrent visuellement et intuitivement la mortalité des espèces.

Ces fossiles pourraient ressembler à des scolopendres, sans etre trop ressemblantes car ces bêtes carnassières m’effraient pathologiquement. Si vous arrivez à regarder cette page plus d’une minute, vous êtes bien plus courageux que moi.

Le principe :

  1. le diamètre du corps évolue d’après la consommation écologique du pays. Un anneau par année.
  2. si la consommation est supérieure à la production, des pattes apparaissent, d’autant plus longues qu’il y a surconsommation.
  3. la taille des mandibules est définie selon la consommation écologique par habitant. La taille des mandibules est aussi proportionnée à la taille de la tête.

Appliqué au monde, on obtient ceci :

NF60600

Et voici la représentation obtenue pour une vingtaine de pays, sous la forme de poster :

Humanité-fossilisée-HD

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« Gouttes de pollution » – Voir la pollution en peinture

Posted by Jean-Pascal sur 28 août 2017

Tenerife-Cycle0010.png

« Gouttes de pollution, Tenerife ». Santa Cruz, Tenerife, le 25 aout à 7 heures du matin. L’ile de Tenerife est réputée, d’après les agences de voyage, pour la transparence de son eau et la qualité de son air. La réalité est très différente au nord de l’île, dans la ville de Santa Cruz où se trouve la raffinerie de Pétrole de la Compañía Española de Petróleos S.A. Malgré les remontrances de la commission européenne pour la présence en grande quantité de métaux lourds et d’hydrocarbures toxiques, la population de Santa Cruz est tout simplement en danger depuis de nombreuses années. Score AQI : 776, Hazardous+. Source : Consejería de Educación, Universidades y Sostenibilidad – Gobierno de Canarias.

J’explore dans cette série « Gouttes de pollution » la possibilité de représenter la pollution des grandes villes sous la forme de tableaux abstraits, en imitant la technique de « dripping » inventée par Jackson Pollock. Cette démarche a l’intérêt de proposer une forme visuelle facilement perceptible de la pollution, quand celle-ci est généralement invisible (à part sous forme de brouillard). L’impression générale de densité, de saturation et de nervosité est proportionnelle à la pollution réelle des lieux représentés. Pour cela, j’utilise les informations mesurées par les stations du monde pour déterminer sous quelle forme et en quelle quantité de la peinture doit être projetée. Tous les traitements, de la récupération des données au calcul du rendu final, sont réalisés avec le logiciel Blender.

Comme le souligne l’OMS, la pollution de l’air est alarmante dans le monde, et inégalement répartie. Bien sûr, ce sont les habitants des grandes villes qui en souffrent le plus directement, mais les points de concentration de particules fines les plus remarquables sont en général autour des usines de production d’énergie ou de pétrole.

Voici ci-dessous une représentation de Paris, la ville la plus polluée de France, mais qui reste bien en dessous des seuils de danger la majorité du temps.

Paris.png

« Gouttes de pollution, Paris ». Ce 9 juin 2017 à 9h du matin, le taux de particules fines PM2.5 est quelque peu élevé : des personnes particulièrement sensibles comme des enfants asthmatiques pourraient être légèrement incommodées, mais la qualité de l’air est globalement considérée comme acceptable par les normes. Score AQI : 62, Moderate. Source AirParif – Association de surveillance de la qualité de l’air en Île-de-France. 

Les scientifiques observent que ce sont les villes les plus pauvres qui sont les plus polluées alors que les villes d’Europe de l’ouest s’en tirent bien. Une des raisons profondément inégalitaires est que nous importons des produits ayant pollué des centres de production situés hors d’Europe. Par exemple, la chine nous fournit nombre de nos produits manufacturés à partir de pétrole depuis ses usines, usines qui elles même consomment de l’électricité chinoise très carbonée (charbon).

EErduosi-Cycle0007.png

« Gouttes de pollution, Eerduosi ». Eerduosi (Ordos), situé en Chine, est une agglomération particulièrement riche en ressources naturelles. L’extraction du charbon, les traitements pétrochimiques, l’industrie textile et la production d’électricité permettent à Eerduosi (Ordos) de prospérer.  L’agglomération composée de plus d’un million d’habitants est extrêmement  exposée à la pollution de l’air, comme en cette fin d’après-midi ou le score en particules fines est au-delà des échelles d’évaluation. Toute la population est en risque immédiat. Ne faudrait-il pas évacuer en urgence ? Score AQI : 693, Hazardous+ (http://aqicn.org/city/eerduosi/).

Par contre nos agglomérations françaises moyennes bénéficient d’un air généralement sain.

Nantes-Cycle0004.png

« Gouttes de pollution, Nantes ». Nantes, France, le 25 aout à 10h du matin. Le niveau de pollution est faible, la qualité de l’air est satisfaisante, sans risque pour les habitants dont les enfants peuvent pratiquer du sport en extérieur. Score AQI : 25. Good. Source Air Pays de la Loire.

D’un autre côté, il est effarant de constater que les villes à l’air le plus nocif sont en Inde, au Pakistan ou au Nigéria. En France, nos concentrations en particules fines sont – au pire – 10 fois moindres, mais Paris reste en tête, bien devant des agglomérations plus petites comme Nantes.

Delhi-Cycle0010.png

« Gouttes de pollution, New Delhi ». Journée normale à New Delhi, pourtant les concentrations en particules PM2.5 (AQI : 135) sont très élevées.

Je tiens à remercier le World Air Quality Index (http://aqicn.org) qui fournit une API unique permettant de suivre en temps réel les relevés de pollution des stations du monde. Cet institut utilise une échelle standard de qualité de l’air, l’AQI (Air Quality Index), qui est basée sur la mesure de la concentration en particules fines PM10 et PM2.5, ainsi que sur les concentrations en CO, NO2, SO2 et O3. Un score allant de 0 à 500 est établi pour chacun de ces éléments, les valeurs supérieures à 100 étant problématiques. En particulier, les particules fines sont très régulièrement au-dessus des recommandations de l’OMS, notamment les particules inférieures à 2.5 nm qui peuvent pénétrer sans les poumons et même dans le flux sanguin.

Comment pouvons-nous représenter visuellement des concentrations de gazes nocifs et de particules fines quand l’un et l’autre sont transparents ? Je fais ici la proposition d’utiliser la technique dite de « dripping » développée par Jackson Pollock, technique qui consiste à faire goutter de la peinture sur une toile au sol, en veillant à conserver un mouvement naturel et à répartir globalement plusieurs couches de peintures de couleurs différentes. Cette notion de répartition, nommée « all over » est assez similaire avec le comportement des gazes et particules qui ont tendance à utiliser tout l’espace disponible.

J’ai utilisé les taux de particules pour décider du nombre de gouttes à projeter sur le tableau, et les concentrations en gaz pour les traits de peintures. Globalement, plus la toile est « chargée » d’éléments, plus la pollution est là.

Je n’ai pas pu représenter les villes les plus notoirement polluées, car les informations fournies pour ces villes sont trop lacunaires et ne me donnaient pas les 6 indicateurs que j’utilise. Par exemple, il n’y a pas de stations permanentes dans les villes africaines, alors que Aba, Kaduna ou Onitsha, toutes trois au Nigeria, sont 3 des 10 villes les plus polluées au monde.

J’ai donc choisi, un peu au hasard à l’exception de Paris et de Nantes, quelques villes aux valeurs remarquables ces derniers jours. Le site World Air Quality Index permet de naviguer en temps réel sur les pollutions de la planète. J’ai choisi des villes aux pollutions élevées (New Delhi, Shanghai) ou extrêmes (Eerduosi en Chine, Sderot en Israel, Santa Cruz de Tenerife en Espagne ou Monclova au Mexique). D’autres villes suivront certainement.

Shanghai_north-Cycle0005.png

« Gouttes de pollution, nord de Shanghai ». A Hongkou Liangcheng, au nord de Shanghai, en cet après-midi du 25 aout 2017, comme souvent la pollution est perçue de tous et gène immédiatement les plus sensibles. La santé des enfants est mise en danger principalement par les particules fines PM2.5 très présentes, qui pénètrent facilement leurs poumons. Score AQI : 151, Unhealthy. Source : Shanghai Environment Monitoring Center (上海市环境监测中心).

 

Sderot-Israel-Cycle0004.png

« Gouttes de pollution, Sderot ». Sderot, Israel. En ce matin du 25 aout, l’air est à nouveau saturé de particules PM10. Cela est peut être la conséquence de l’arrêt des stations d’épuration de la bande de Gaza faute d’électricité. En effet, les eaux très polluées de gaza arrivent sur les plages israéliennes qui ont dû être fermées en juin. Des pompes récupèrent l’eau polluée et la font transiter vers le centre d’épuration de Sderot qui tourne à plein. Au delà de la grave pollution de l’eau, les particules fines empoisonnent l’air de toute l’agglomération, dont la santé est gravement en danger. Score AQI : 663, Hazardous+. Source Israel Ministry of Environmental Protection.

 

Monclova-Mexico-Cycle0010.png

« Gouttes de pollution, Monclova ». L’air de Monclova, au Mexique, est totalement saturé de particules fines (PM10 et PM2.5) avec des concentrations largement supérieures aux limites supérieures des classifications. L’air est également rempli d’ozone, d’ammoniaque, de méthanol et d’acide formique ! L’origine principale est connue, il s’agit de la centrale au charbon de 2600 Mégawatts, mais aussi l’agriculture sur brûlis. Le vent qui souffle du sud pousse la pollution en direction du Texas. La visibilité du Big Bend National Park est diminuée jusqu’à 60% ! Pourtant le Mexique souhaite continuer de développer l’énergie charbon car sa capacité de production d’électricité est encore faible. Score AQI : 869, Hazardous+. Source : INECC – Instituto Nacional de Ecologua y Cambio Climatico.

 

Pour aller plus loin :

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Data Art (3/3) – Information, interprétation, représentation

Posted by Jean-Pascal sur 14 mai 2017

Dans cette troisième partie, je présente tous les éléments pour réaliser du Weather Art. Le code source est téléchargeable à la fin de l’article. Le résultat est visible en ligne.

1/ Information : obtenir des informations météorologiques en temps réel.

Il existe de nombreux services fournissant des informations à jour via des API gratuites. Wikipedia en dresse une liste (très) partielle. Pour cette première expérience, je me suis appuyé sur l’API d’Open Weather Map,simple et gratuite. Les données sont riches et il est même possible d’accéder à des informations de pollution (CO, O3, SO2, NO2).

Open Weather Map impose de s’inscrire pour obtenir une clef. Ensuite, l’appel à une URL comme celle qui suit suffit à faire une requête pour la météo à Paris.

http://api.openweathermap.org/data/2.5/weather?q=Paris,FR&APPID={code API ici}

Les données sont obtenues par un appel à une URL et un JSON est retourné immédiatement. Des exemples parlants sont proposés dans la documentation. Le résultat est très immédiatement parlant. Voici un exemple à Paris :

{
  "coord":
     {"lon":2.35,"lat":48.85},
  "weather":[
     {"id":800,"main":"Clear","description":"clear sky","icon":"01d"}
   ], 
   "base":"stations",
   "main":
     {"temp":279.81,"pressure":1006,"humidity":70,
     "temp_min":279.15,"temp_max":280.15},
   "visibility":10000,
   "wind":{"speed":2.6,"deg":160},
   "clouds":{"all":0},
   "dt":1488524400,
   "sys":
     {"type":1,
     "id":5615,
     "message":0.0104,
     "country":"FR",
     "sunrise":1488522466,"sunset":1488562671
   },
   "id":2988507,
   "name":"Paris",
   "cod":200
}

2/ Représentation

J’aime beaucoup les formes générées grâce à du bruit Perlin. Des nombreux exemples « classiques » en design génératif utilisent cette fonction mathématique, pour produire des espaces 2D ou 3D plutôt naturels.

Voici deux exemples tirés du site http://genekogan.com/code/p5js-perlin-noise/

L’idée est de faire se déplacer des particules sur un espace 2D réalisé en bruit Perlin. Voici ce que l’on peut obtenir (exemple également tiré du site de genekogan) après quelques secondes de déplacement des particules. Le résultat est juste beau !

Daniel Schiffman, dans son émission Youtube « the coding train » explique tout ce qu’il est bon de savoir sur le principe d’utiliser des centaines de particules se déplaçant dans un champ Perlin.

3/ Interprétation

Revenons au schéma précédent, mis à jour avec les éléments connus.

DataArt3

Je vous propose quelques règles simples de transformation des données en particules :

  • La température => la couleur, températures chaudes = couleurs chaudes, températures basses = couleurs froides.
  • L’humidité => lorsque l’humidité augmente, la trainée des particule se réduit, comme si l’eau lavait le dessin.
  • la pression atmosphérique => la dynamique globale, une pression faible entrainant plus de facilité dans les mouvements, dans les angles de rotation.
  • Le vent => les particules sont influencées par le vent, en direction et en vitesse.
  • La pollution => la taille des particules augmente avec la pollution. De plus, le fond rougeoie.

Voici ce que l’on obtient sur la base de ces principes. Les informations nécessaires à la production de chaque image sont en haut à gauche.

WA1WA2WA3WA4WA5WA7WA6

Vous pouvez télécharger le code P5.js complet.

Pour la suite, je crois que je vais me lancer dans la réalisation d’une sculpture en 3D. Pour se mettre l’eau à la bouche, de nombreux exemples ici : http://dataphys.org/list/tag/3d-printing/

Autres parties de cet article :

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Data Art (2/3) – De la data visualization au data art

Posted by Jean-Pascal sur 5 mai 2017

 

WA3Cliquez sur l’image pour voir la météo à Paris

« Data is the new soil » – David McCandless

Je suis convaincu de l’utilité de mettre en forme, de façon esthétique, une grande quantité de données, telle qu’on peut le voir en datavisualisation. On trouve facilement des argumentations détaillées comme celle de Hans Rosling dans son Ted « The best stats you’ve ever seen« . Hans Rosling présente des outils de visualisations qui permettent de comprendre le monde (mieux que ne le feraient des singes !), grâce à la mise en relation de nombreuses sources de données, pour l’ONU.

La logique de la dataviz est simple : à partir d’informations, un algorithme propose une interprétation de ces données brutes pour les rendre signifiantes du point de vue de l’analyste. Ensuite, un second algorithme produit une mise en forme imagée qui vise à rendre les données plus simples à comprendre, à appréhender, à comparer, à qualifier, pour un public donné.

DataArt1

La DataViz et le Data Art suivent le principe du schéma ci-dessus, mais leurs objectifs diffèrent. Le premier vise à rendre intelligible, quantitativement et qualitativement, l’information, de manière à objectiver l’information pertinente. A contrario, le second recherche le plaisir de la mise en scène, quitte à déformer l’information, à la subjectiver, à l’esthétiser, de manière assumée, de façon personnelle.

Dans l’exemple qui suit, j’ai choisi d’exploiter des informations fournies en temps réel, telles que des données météorologiques. Ces données météorologiques seront mises en scène sous des formes originales , toujours en mouvement.

DataArt2

Si l’on se concentre sur le point de départ et celui d’arrivée, voici ce que je voudrais faire. Passer de données temps réel fournies par un service en ligne à un dessin 2D :

DataArt4

Je me suis imposé plusieurs objectifs pour ce projet :

  • travailler avec des informations live.
  • créer des animations en évolution constante.
  • pouvoir diffuser facilement le résultat.
  • obtenir un résultat rapidement, sans y consacrer tout mon temps libre !

Initialement, je voulais le faire avec Blender, en utilisant des scripts Python, mais ne je voyais pas comment diffuser le résultat en temps réel. Heureusement, il existe une version de Processing pouvant être exécutée dans nos bons vieux navigateurs web : P5.js ! 

Les exemples de réalisation en P5.js sont très convaincants. Le code est toujours court, et la pédagogie qui accompagne Processing et P5.js est fantastique. Merci au contributeurs, et à ceux qui inspirent comme Daniel Schiffman !

Pour conclure, dans la catégorie de la plateforme technique de data art la plus simple, les gagnants sont P5.js et JSON. Bravo.

La suite dans un prochain article !

Pour aller plus loin :

 

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